De mémoire de rédacteur en chef de la Lettre de l’Infectiologue, vous tenez entre vos mains le premier numéro thématique consacré aux infections du sujet âgé : au vu du sommaire il était grand temps, sans compter qu’il a fallu faire des choix ! Pourtant, de nombreuses études ont déjà démontré le caractère atypique des infections chez le sujet âgé, le risque significativement augmenté des infections communautaires, des infections nosocomiales, des épidémies en maison de retraite. On sait aussi l’impact d’une infection chez le sujet âgé, avec une augmentation de la morbimortalité, des hospitalisations avec une durée de séjour importante. Les difficultés actuelles du système de santé, avec un recours aux soins parfois difficile, ajoutent souvent un retard de diagnostic et de prise en charge souvent délétère. Néanmoins, les progrès médicaux ainsi que l’augmentation de l’espérance de vie font que l’on observe chez les sujets âgés des infections en rapport non seulement avec l’immunodépression liée à l’âge, mais aussi avec les thérapeutiques immunosuppressives largement utilisées dans cette population pour la prise en charge des hémopathies, cancers, maladies auto-immunes ou “inflammatoires”. La mise à jour du calendrier vaccinal publié peu de temps avant la mise à disposition de ce numéro était particulièrement attendue, car l’impact de la vaccination dans la prévention des infections chez les sujets âgés est un outil majeur pour en diminuer l’incidence.
Pourtant, la couverture vaccinale reste insuffisante dans cette population. Ainsi, selon les données de Santé publique France, la couverture antigrippale pour la saison 2024-2025 est estimée à 47 % pour les 65-74 ans et 61 % chez les 75 ans, pour un objectif fixé à 75 %. Pour la vaccination contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), la couverture vaccinale chez les 65-85 ans est estimée à 65 %. Les dernières recommandations de l’Académie nationale de médecine (lisez l’Aparté de Gilles Pialoux, p. 92 de ce numéro) – en attendant celles de la Haute Autorité de santé – et la mise à jour récente du calendrier vaccinal doivent faire en sorte que l’ensemble des vaccinations recommandées chez les sujets âgés (grippe, Covid, zona, pneumocoque, VRS, DTP coqueluche) soient systématiquement proposées lors d’un recours médical ou pharmaceutique, afin de diminuer la morbimortalité de ces infections chez les patients âgés.
Bonne lecture !